Séga de l’île de La Réunion

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Biographie

vendredi 11 avril 2014, par scerno

Maxime Laope, né le 5 août 1922 au Plate à Saint-Leu, vivait à Saint-Denis depuis l’âge de 5 ans. Les quartiers de Petite-île (où il a habité pendant son enfance et son adolescence), le Bas-de-la-Rivière, Camp-Ozoux, Belle-Pierre, La Source, faisaient partie de son univers.

Portrait en 2000, à la sortie de l'album "Not' bon vieux temps" {JPEG}
Depuis 1965, il habitait le quartier de la SIDR de la Source. Les dionysiens connaissaient tous au moins de vue ce « gramoune au chapeau », dont la renommée s’étendait sur l’île entière.

Dès son plus jeune âge, il était passionné par la chanson.

Sa voix a été remarquée à l’école, au catéchisme et à l’église où il était demandé pour faire partie de plusieurs chorales. On se l’arrachait également dans les fêtes familiales de son quartier. A son répertoire, tous les succès des artistes qu’il admirait : Tino Rossi, Luis Mariano, Reda Caire, Georges Guéthary…

Sa carrière publique de chanteur a commencé en 1947. Un copain l’avait inscrit à son insu à un radio-crochet : il se trouvait dans la foule des spectateurs lorsqu’il s’est entendu appeler sur le podium. Alors il y est allé et a obtenu le second prix. A partir de là, les concours de chants et les prix vont se succéder.

En 1949, Maxime enregistre son 1 er 78T avec deux morceaux de sa composition : « Le cœur créole » et « Mi aime mon patois » .

En 1952, c’est la rencontre décisive avec Benoîte Boulard, figure féminine qui a également marqué le séga de La Réunion. D’abord concurrents à un radio-crochet, les deux chanteurs décident ensuite de s’associer.

C’est ainsi qu’en 1953 ils obtiennent le 1 er prix avec ce qui est devenu depuis un standard de la musique réunionnaise « La rosée tombée » . Cette association durera jusqu’au décès de la chanteuse en 1985.

Avec ou sans Benoîte, Maxime s’est produit sur toutes les scènes de la Réunion. Il a interprété plus d’une centaine de textes (séga, maloya, romances) qui sont majoritairement de lui ou des plus grands auteurs réunionnais tels que Georges Fourcade, Antoine Nativel, Pierre Vidot, Jean Albany… Il a été accompagné par toutes les générations de musiciens de la Réunion : depuis Loulou Pitou, Jules Arlanda, Claude Vinh-San, Narmine Ducap, Le Club Rythmique, les Soul-Men, en passant par Henry-Claude Moutou, Alain Mastane, Ti-Fock, etc.
Il a chanté avec pratiquement tous les chanteurs de l’île : des anciens comme Madoré , mais aussi Jacqueline Farreyrol, La Troupe de Bernadette Ladauge, Tropicadéro, Ziskakan, Laurence Beaumarchais…

Dans les années 60/70, l’intro de la chanson « Madina » , avait été choisie comme indicatif de l’ORTF, de sorte que chaque matin pendant des années, La Réunion s’est réveillée au son de ce séga de Maxime Laope.

En plus de cette carrière bien remplie dans son île natale, Maxime a eu l’occasion de représenter La Réunion à l’extérieur :

  • A plusieurs reprises à Maurice, notamment au sein de la Troupe « Bourbon i cause, Bourbon i chante » , dans les années 70.
  • Aux Seychelles pour la fête de l’indépendance en 1976 : il a chanté devant la famille Royale d’Angleterre conviée à cette manifestation.
  • En 1991, il est l’invité d’honneur des fêtes du 1 er mai à Rodrigues.
  • En 1992, « La rosée tombée » est interprétée par le Steel-Band de Trinidad.
  • En 1996, il participe à une grande tournée au Canada et aux Etats-Unis avec la Troupe Séga-Séga.
  • La même année, reçu au Sénat, il interprète « Ti fleur fanée » devant cette illustre assemblée.

Autres cordes à son arc : membres de plusieurs chorales, dont la chorale grégorienne de l’église Saint-Jacques ; comédien : il a joué à plusieurs reprises dans « La passion du Christ » avec la Troupe Saint-Jacques ; dans « Les gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain, sous la direction de Julienne Salvat, dans « Le Barbier de Séville » avec la Troupe Vollard ; il a également tourné plusieurs publicités, ainsi qu’un court-métrage avec RFO.

Il a souvent chanté pour des causes humanitaires ou caritatives : pour les enfants de La Ressource, pour les malades de la Léproserie de La Montagne, pour les victimes de famine à Madagascar… Il a participé au CD « SolaSida » au bénéfice des associations de lutte contre le sida, et jusqu’en 2002 au collectif des artistes pour les sinistrés du cyclone Dina.

Cette carrière exceptionnelle a été couronnée officiellement en 1997 : Maxime a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur par le Président de la République.

Il a enregistré plus de 80 disques : 78T, 45T, 33T et CD. A son répertoire également un fonds inépuisable d’histoires, de contes et de proverbes qui font partie du patrimoine culturel réunionnais.

Autre facette moins connue de cette personnalité : Maxime a été en son temps un fervent sportif, qui a pratiqué le foot, et l’athlétisme dans différentes équipes de la ville.

En 1999, est paru aux éditions Grand Océan, un livre intitulé « Maxime Laope, un chanteur populaire – Souvenirs, textes et chansons ».

En 2002, le chanteur a décidé de mettre fin à sa carrière publique, à l’âge de 80 ans. Pour cet anniversaire, il a été au centre d’événements mémorables :

  • médaille de l’ordre du mérite au mois de mars
  • baptême de l’école élémentaire Maxime Laope à La Bretagne au mois de juin
  • sortie de son album « Derniè figuir » au moins de juillet, saluée par deux concerts-hommage organisés par l’ODC au Théâtre de Champ-Fleuri
  • conférence-débat au Palais de la Source, animée par le professeur Live Yu-Sion, ethnologue.
  • fête populaire d’anniversaire dans le quartier de la Source au mois d’août .

Les chansons de Maxime Laope sont très présentes dans la mémoire populaire. Ainsi, c’est la chanson « La rosée tombée » qui a été choisie pour être interprétée par les enfants des écoles lors de la visite officielle du président Jacques Chirac en 2003.

Cette même année, cette chanson a été enregistrée en version reggae par le Groupe Gondwana, et en version jazz par Danyèl Waro et l’harmoniciste Olivier Ker Ourio.

Maxime nous a quittés le 15 juillet 2005, victime d’un arrêt cardiaque, quelques jours avant ses 83 ans.
Patriarche à sa manière, il laisse 12 enfants, 34 petits-enfants, 8 arrière-petits-enfants. Cette nombreuse famille s’est constituée en association avec pour objectif « de conserver, mettre en valeur, et transmettre l’œuvre musicale de Maxime Laope ». Celui qui a consacré presque 60 ans à la chanson populaire réunionnaise ne méritait pas moins...


Voir en ligne : Télécharger le dossier de presse de Maxime Laope

Portfolio

  • Benoîte et Maxime au théâtre de Saint-Gilles en 1976
  • Jules Arlanda et Maxime lors de la sortie du livret de partition "32 (...)
  • Avec la troupe "Bourbon i chante, Bourbon i cause"
  • Avec l'orchestre Loulou Pitou en 1952
  • Avec jacqueline Farreyrol, Pierrette Payet, Henry-Claude Moutou, Benoîte (...)
  • Benoite et Maxime dans les années 70
  • Pierrette Payet, Henri-Claude et Marie-Armande Moutou, Maxime Laope en (...)
  • Tambour de l'Harmonie municipale de Saint-Denis
  • Portrait à 28 ans
  • Portrait à 45 ans
  • Benoîte et Maxime accompagné par Henri-Claude Moutou
  • Au studio Piros, années 90